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Résultats et analyse

Cette analyse a pour objectif d'articuler les résultats quantitatifs et qualitatifs de l'enquête de santé conduite sur internet (www.enquetesante.fr) par le Conseil de développement du Pays d'Artois du 20 mai au 31 juillet 2010, avec le soutien financier de la Région Nord-Pas-de-Calais.

Ce recueil des points de vue des personnes habitant ou fréquentant le Pays a été appuyé par un travail de terrain et de réseaux mené par l'équipe de pilotage du Pays et un réseau de près de 200 "passeurs" associés à la démarche. Qu'il soient toutes et tous remerciés pour ce travail essentiel. 

Cette étude vise à dégager les grandes tendances de l'opinion à travers les réponses recueillies par le biais d'un questionnaire en ligne et à apporter aux élus des pistes d'actions ou d'interventions dans ce domaine.

Au plan quantitatif, le succès rencontré par cette enquête est sans doute dû au déploiement de terrain des "passeurs" (élus, agents de développement, associations, mouvements mutualistes...) mais aussi sans doute par l'intérêt porté par le sujet, d'autant que le questionnaire abordait la santé au sens le plus large, intégrant la notion de bien-être. 5512 réponses ont ainsi été prises en compte et plus d'un millier d'entre elles ont donné lieu à une expression "libre" soit 1464 commentaires, suggestions ou propositions analysées qualitativement.L'ensemble de ces contributions sont classées et publiées sur le site internet de l'enquête. Les répondants sont (pour ceux qui l'ont précisé dans leurs réponses) majoritairement issus de la Communauté urbaine d'Arras, deux sur trois sont des femmes. 13% des répondants se sont identifiés comme "accompagnants" et 9/% comme bénéficiaire de prestations sociales (CMU, RSA, ASS, AH, minimum vieillesse). 

Le questionnaire comportait 20 questions "fermées" et "ouvertes" réparties en cinq grands thèmes. C'est le thème "Améliorer ma santé au quotidien qui a recueilli le plus de réponses (31%) devant les thèmes "être mieux soigné"(21%), "être mieux informé" (19%).

Au plan qualitatif, après analyse et en croisant les réponses aux questions fermées avec les "verbatims" déposés par les répondants,  il est assez simple de tirer quelques enseignement à la fois sur le diagnostic porté par les répondants et donc leur ressenti de la situation, mais aussi sur leurs orientations dans l'objectif d'améliorer la situation. 

Nous avons dégagé trois axes d'analyse :

  • le premier concerne la place et le rôle des professionnels de santé. Sans surprise et particulièrement dans les zones rurales, les répondants se plaignent du manque de professionnels : ils ne sont que 18% à considérer qu'il y en suffisamment ou beaucoup. C'est vers eux qu'ils veulent améliorer leur santé (près de 40% des répondants) et vers qui ils se tournent prioritairement (60%) quand ils ont besoin d'informations sur leur santé. Ils souhaitent être accompagnés dans les démarches par des personnes plutôt que par internet ou par téléphone. Ils se sentent d'ailleurs plutôt bien accompagnés (62% se déclarent assez ou très entouré et 12% se sentent assez ou très isolés). Cet attachement à une forte présence de professionnels de santé est confirmée dans les "verbatims" recueillis avec la réaffirmation d'un besoin de présence humaine dans les hôpitaux, de conseil et de réconfort dans les cabinets médicaux.... Mais cette demande est exigeante et les parcours racontés dans les "expressions libres" sont éloquents : délais de prise de rendez-vous trop longs, consultations trop courtes, difficultés à obtenir des informations ou à être orientés. Beaucoup de propositions émergent pour obtenir une information simple et directe sur les tarifs, les prises en charge, les démarches, mais aussi pour comprendre le diagnostic ou augmenter la durée et la qualité de l'échange avec les patients.
  • nous avons centré le deuxième axe sur l'amélioration de l'offre de soins. Les répondants ont d'abord des difficultés dans leurs démarches : leur première démarche consiste à rechercher un spécialiste, quête qu'ils placent loin devant leurs démarches administratives ou les demandes de remboursement. Ce niveau de qualité est recherché : les répondants apprécient, quand ils ne sont pas bien portants, la qualité des soins qu'ils placent, dans leurs priorités, devant la diversité de l'offre de soins ou des prestations d'aide. Dans leur expression, les répondants décrivent là aussi des situations qu'ils ont rencontrées : hôpitaux engorgés, difficultés à maîtriser son parcours et à choisir les professionnels et les soins les plus adaptés, qualité de soins parfois défaillante.... Mais ils formulent des propositions concrète et posent presque comme un préalable la questions de leurs accès aux soins : ils reparlent des délais, mais aussi de la permanence des soins en soirée ou durant les week-ends et les jours fériés. Beaucoup de suggestions pratiques apparaissent : bon nombre tournent autour du regroupement des professionnels et de la nécessité d'une proximité avec les professionnels  (besoin de visites à domicile, difficultés de transport...).
  • troisième axe, la demande très forte concernant l'amélioration des conditions de vie qui est concentrée dans le questionnaire sur une demande d'activités de détente et de relaxation à prix raisonnables, largement devant des améliorations de conditions de logement, de transport ou de pollution. Beaucoup des répondants évoquent le stress et l rythmes de travail et de vie pour formuler ensuite, dans les verbatims beaucoup de propositions tendant à faciliter leur vie quotidienne. Autant d'idées qui paraissent éloignées a priori de la santé mais qu'ils présentent comme une forme de bien-être indispensable à leur maintien en forme et en bonne santé. Les propositions foisonnent et s'adressent assez directement aux collectivités locales : elles vont de la question du pouvoir d'achat (la baisse des coûts des cours de yoga en fait partie) à l'aménagement de lieux de détente dans les villes, en passant par les conseils diététiques, l'assainissement de l'environnement ou aux moyens de renforcer le lien social et de pratiquer une activité intellectuelle ou artistique. 

 

En conclusion, pour le Pays d'Artois, cette enquête confirme le diagnostic de la situation médicale : le manque de professionnels est ressenti nettement, la baisse de qualité des soins et les difficultés d'accès sont pointées. Mais ces questions relèvent du travail qui est mené actuellement par l'Agence régionale de santé. 

Cette enquête soulève, au-delà, un malaise, ressenti en tous cas du point de vue des habitants, dans la relation entre les patients et les professionnels. C'est une question qui peut nécessiter la médiation des élus et qui mériterait en tous cas d'être approfondie en priorité par les professionnels eux-mêmes. 

Enfin, les collectivités locales sont directement concernées par l'amélioration des conditions propres au bien-être, dans une période qui mêle à la fois le contexte de crise et le besoin de protection mais aussi une évolution sociétale forte vers la recherche d'une vie plus saine (alimentation équilibrée, activités de relaxation... ). 

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